Ça faisait un moment qu’on l’attendait, le tout nouvel album de Mike Sinclair est enfin disponible ! « Sans détour », une compilation de 10 titres disponibles depuis le 14 septembre sur toutes les plateformes, va être l’occasion de prolonger un peu plus l’été. Projet mûrement réfléchi, pensé par un artiste d’expérience, « Sans détour » tient toutes ses promesses. Du coup, on a voulu en savoir plus… On vous fait entrer dans les coulisses de ce projet sans plus attendre et on vous glisse juste en dessous un lien vers l’article que nous avons dévoilé il y a quelques jours et qui présentait justement ce nouvel album.
A lire aussi : Mike Sinclair, l’été qui n’attend plus : « Le soleil danse sur ma peau »
Bonjour Mike et merci de nous accorder cette interview ! C’est une grande nouvelle que voici, la sortie de ton nouvel album ! Raconte-nous comment l’aventure « Sans détour » a commencé !
MS : Bonjour, et merci à vous pour cette invitation. Pour être totalement honnête, je n’avais absolument pas prévu de réaliser un album. Tout est né d’une rencontre : celle de Salvatore Amoruso, producteur musical belge, qui est rapidement devenu mon binôme dans cette aventure. Au départ, je lui ai simplement proposé de collaborer sur deux titres que j’avais composés. Non seulement il a accepté, mais nous avons très vite senti qu’il se passait quelque chose. De fil en aiguille, l’envie de continuer s’est imposée, jusqu’à donner naissance à cet album. C’est souvent comme ça que les plus belles histoires se construisent dans ce métier : une rencontre, une confiance, une énergie commune… et un projet qui devient aussi une amitié.
D’ailleurs, pourquoi l’avoir appelé ainsi ?
MS : Dans cet album, j’aborde des thèmes très variés, parfois sensibles, comme « Fermer les yeux » ou « Opinion censurée », parfois profondément personnels, comme « L’homme que je suis » ou « Bilan », et même plus légers et malicieux avec « Call-Boy ». Je ne me suis imposé aucun sujet tabou. J’écris toujours en observateur, jamais en juge : sans sarcasme, sans condamnation, avec l’envie de laisser une lumière, une issue, même dans mes textes les plus sombres. C’est pour cette raison que le titre « Sans détour » s’est imposé naturellement. Il reflète cette manière directe, honnête et assumée de raconter ce que je vois, ce que je vis et ce que je ressens.
Combien de temps ce projet t’a-t-il demandé ? Quel a été le plus gros défi dans la création de ce dernier ?
MS : Ce projet a pris très exactement quatre ans. Je sais que cela peut sembler long, mais comme je l’ai expliqué précédemment, la réalisation d’un nouvel album n’était pas mon intention au départ.
J’ai donc dû prendre le temps, me poser, réfléchir aux thèmes que je voulais aborder et au style musical que je souhaitais donner à cet album. Il a ensuite fallu « fouiller dans mes tiroirs » : sélectionner des compositions en cours de développement, retravailler certaines ébauches de textes et intégrer ceux que m’avait proposés l’auteur français David Manneveau, avec qui j’avais déjà collaboré par le passé. J’ai finalement décidé d’adopter une stratégie progressive : dévoiler un nouveau titre de l’album tous les trois mois sur les plateformes digitales. Cela permettait de construire une audience attentive, de recueillir les réactions, d’observer l’accueil réservé à chaque morceau et surtout de prendre le temps de peaufiner les titres suivants.
Afin de fêter la sortie de ce projet, c’est le titre « Le soleil danse sur ma peau » que tu as souhaité présenter en premier au public. Pourquoi ? Est-ce que ce titre te tient particulièrement à cœur ?
MS : Tout d’abord, l’album Sans détour est présenté au public à la rentrée, juste après les vacances et à la fin de l’été. « Le soleil danse sur ma peau » permet de prolonger un peu cette ambiance farniente, soleil et bien-être : c’est comme une petite extension des vacances. Ce titre très chill m’a semblé idéal pour ouvrir l’album. Par son style musical, il installe immédiatement un good mood, une sensation de légèreté et de douceur. J’espère sincèrement que le public le ressentira de cette manière.
Pour ceux qui te découvrent aujourd’hui via cette interview, tu viens d’où et comment as-tu commencé la musique ?
MS : Je suis un artiste belge avec un parcours assez classique : j’ai étudié la musique à l’Académie de Bruxelles lorsque j’étais jeune, avant de jouer des claviers dans différents petits groupes. Dans les années 90, j’ai monté mon propre band, Bequest, avec lequel nous nous produisions dans les cafés-concerts de la capitale. C’est véritablement là que j’ai appris mon métier. Pour ce groupe, j’ai composé mon premier album, Stage, qui a été signé en 1997 par le label Feeling Music. S’en sont suivis de nombreux concerts, festivals et passages en radio.

Boulimique de projets musicaux et de rencontres, j’ai ensuite rejoint le développement de la comédie musicale Le Secret, de Cathy Thomas et Philippe D’Avilla, en tant que directeur musical. Une magnifique aventure humaine qui a duré deux ans et s’est jouée dans plusieurs prestigieuses salles belges. En 2011, je me suis lancé dans un projet plus personnel avec mon premier single solo, Te regarder passer, qui a reçu un très bel accueil. Et aujourd’hui, je suis fier et heureux de présenter mon nouvel album, Sans détour, qui, je l’espère, trouvera son public.
En ce moment, sur This is Riviera, nous avons beaucoup d’artistes qui ont décidé de s’allier à l’intelligence artificielle pour créer leur musique. Quel est ton avis sur ce nouveau phénomène ?
MS : Je suis de la vieille école, pour moi, on est artiste parce qu’on porte en soi un besoin naturel de créer et de s’exprimer. Il m’est donc inconcevable de déléguer entièrement ce travail à une machine. En revanche, je n’ai aucun problème à utiliser l’IA comme un outil lorsque les circonstances l’exigent. Il m’est arrivé, par exemple, de lui demander d’ajouter une piste de percussions sur l’un de mes titres, faute de moyens pour engager un vrai percussionniste et sans avoir les compétences pour le faire moi-même. Quoi qu’il en soit, la création doit demeurer l’âme de l’artiste.
On a vu qu’une version CD et vinyle de ton projet étaient disponibles. Pourquoi ce choix ?
MS : Je constate que le vinyle revient fortement à la mode, on en voit de plus en plus dans les magasins. Plusieurs amis autour de moi ont d’ailleurs réinvesti dans une platine, et je comprends parfaitement pourquoi. Le son, l’objet, le rituel… tout cela peut séduire un certain public. Et puis, lors des concerts, c’est vraiment agréable de pouvoir proposer un objet concret à la vente : un souvenir tangible de l’artiste qu’on est venu voir et écouter, une manière aussi de le soutenir.
Comment décrirais-tu l’univers sonore de « Sans détour » à quelqu’un qui ne t’a jamais écouté ?
MS : Il m’est très difficile de répondre à cette question, car j’ai voulu créer un album qui ne soit pas monochrome. Comme mes références musicales sont très variées, j’ai eu envie d’explorer plusieurs styles. Dans l’ensemble, on peut parler d’un album de pop française, mais certains titres portent une consonance jazz ou funky, avec un son plus rétro. D’autres, au contraire, utilisent volontairement des sonorités beaucoup plus actuelles. Et puis il y a Call-Boy, qui est un véritable clin d’œil au disco-funk de la fin des années 70 et du début des années 80. Malgré cette diversité, je pense que l’on reconnaît clairement ma manière d’écrire et mon univers. C’est ce fil conducteur qui relie tous les morceaux entre eux.
As-tu un morceau « coup de cœur » dans cet album, celui qui te ressemble le plus ?
MS : Oui, j’avoue que j’aime particulièrement « Bilan », qui a une identité très jazz.
Comment se déroule une session de travail typique avec Salvatore Amoruso ?
MS : En règle générale, je commence par lui soumettre une de mes compositions au stade de la démo, avec une orchestration de base qui donne la direction et le style souhaité, ainsi qu’une première ligne de chant dont les paroles évoluent souvent par la suite. Ensuite, Salvatore travaille sur l’orchestration et me propose une première version selon sa vision du titre. À partir de là, nous avançons ensemble : on ajuste, on affine, on explore différentes pistes jusqu’à trouver l’équilibre qui nous semble juste. Une fois la structure du morceau bien définie, nous faisons venir les musiciens en studio pour enregistrer chaque session. D’ailleurs, petite anecdote : le studio d’AMSPRODS se trouve sur la côte belge, près de la frontière française, à environ 140 kilomètres de chez moi. Résultat, je n’ai jamais rencontré certains musiciens français qui ont participé à l’album, ils ont été dirigés directement par Salvatore.
Pour finir, si tu avais un message à faire passer aux gens qui t’écoutent et te découvrent, ce serait quoi ?
MS : Cet album représente quatre années de ma vie. Quatre années de bonheur pur, de rencontres, de partages avec des artistes incroyables, des techniciens talentueux et toutes ces petites mains qui m’ont aidé à mener ce projet jusqu’au bout. Quatre années aussi de doutes, de remises en question, de moments intenses et profondément humains. Pour tout cela, j’espère que le plus grand nombre prendra le temps d’écouter et de parcourir ce nouvel album que nous avons façonné avec sincérité. Je le confie désormais au public, à celles et ceux qui lui donneront sa véritable vie.
– – –
Rejoindre Mike Sinclair sur les réseaux…
