La tête qui gamberge, le cœur qui cogne : NINOFF ouvre les vannes avec « Je ferme les yeux », un son rap/hip-hop conscient et mélancolique, cash et sans filtre. Posé sur la prod de jaV beats, le morceau change de peau et s’offre des guitares rock qui le font vibrer comme un orage au loin. Le rappeur y balance ses doutes, ses nuits blanches et cette bataille qu’il mène contre lui-même, jusqu’à cracher « Seul, c’est là que la colère prend le pouvoir ». Son stylo devient son punching-ball et son confessionnal : il écrit pour évacuer, pour calmer la douleur sans faire de bruit. Malgré la fatigue de la route et les regrets qui collent aux basques, il assume son passé, garde le cap et avance la tête haute. Un son qui sent le vécu, à retrouver sur This is Riviera.
À lire aussi : Plume à vif, NINOFF livre « Viscéral »
« Seul, c’est là que la colère prend le pouvoir » Ninoff
Du rap pur jus aux guitares, le grand écart assumé
Passer d’un terrain à l’autre sans jamais perdre sa voix, c’est le test ultime de la scène hip-hop, et peu s’en sortent aussi proprement. Rappeur indépendant installé à Saint-Malo, NINOFF s’est taillé sa place à la force du poignet, avec des textes crus, nourris de sacrifices, de rue et d’une vraie quête de vérité sur lui-même. Ce virage sonore prouve qu’il ne se cantonne pas au rap pur et dur : il sait jouer sur plusieurs tableaux, plier son écriture à de nouvelles textures et garder intacte cette sincérité qui fait sa marque de fabrique. Cette polyvalence, cette capacité à s’imposer dans des univers différents sans jamais sonner faux, c’est ça, le vrai talent. Avec le collectif Esprits Fantômes et son complice Reyy, il garde le moteur chaud, et de nouveaux projets se préparent en coulisses. Gardez l’œil ouvert et les enceintes branchées, NINOFF n’a pas fini de brouiller les pistes.

– – –
Rejoindre NINOFF sur les réseaux…
